
Comparateur de Caissons Acoustiques pour Pompe à Chaleur
Comparaison des caissons anti-bruit pour PAC, à l'aide d'un outil de simulation de leur impact sur la puissance acoustique émise par la PAC
Jean Boulvert - Docteur en Acoustique
Comparateur objectif de la réduction du bruit des caissons anti-bruit pour pompe à chaleur (PAC) basé sur les courbes d'insonorisation des produits et une méthode de calcul rigoureuse, réaliste et transparente.
Tous les détails sur les grandeurs acoustiques, la méthode de calcul, les sources des données exploitées et plus d'informations sur les caissons acoustiques pour PAC sont donnés dans cet article.
Tableau 1 : Comparatif des caissons anti-bruit pour pompe à chaleur
Pour comparer de manière quantifiée et réaliste l'efficacité acoustique des caissons, nous avons développé un simulateur de réduction de bruit disponible plus bas. Il permet de visualiser les courbes d'insonorisation et les niveaux de puissance acoustique, d'écouter le rendu avec/sans caisson, de choisir parmi différents bruits de PAC, d'ajouter un bruit de fond, et d'accéder aux indicateurs globaux de réduction de bruit et d'émergence.
Le comparateur comprend uniquement des modèles de caissons anti-bruit dont le fabricant communique de manière transparente des courbes d'insonorisation mesurées en centre d'essais (Daikin, SIL&ADD, Solfex, Urban Shell).
La réduction du niveau global de puissance acoustique obtenue grâce au caisson est calculée à partir de sa courbe d'insonorisation et d'un bruit réel de PAC. L'efficacité acoustique moyenne du caisson est définie comme la moyenne de la réduction des 3 bruits de PAC du comparateur en considérant l'insonorisation du caisson mesurée à l'aide d'une source de bruit dite artificielle (méthode la plus répandue).
Le Tableau 2 regroupe les valeurs calculées de réduction du niveau global de puissance acoustique pour chacune des 3 PAC. De plus, il indique le type de source de bruit utilisée lors de la mesure de l'insonorisation de chaque caisson. En effet, la source de bruit influence légèrement la courbe d'insonorisation (pour plus d'informations, voir 2. Courbes d'insonorisation des caissons).
Le choix d'un caisson anti-bruit pour PAC demande de la rigueur technique et un temps d'analyse préalable. Les slogans marketing attirent l’œil, mais manquent de précision et de garantie de résultat : "réduction du bruit jusqu'à X dB", "le meilleur caisson", "efficace en basses fréquences"...
La réduction du bruit apportée par un caisson résulte du croisement entre l'insonorisation du caisson et du bruit de la PAC, ces deux grandeurs dépendant de la fréquence. La réduction du bruit peut aussi être affectée par l'interaction entre le flux d'air de la PAC et le caisson.
Tableau 2 : Détails de l'efficacité acoustique des caissons anti-bruit pour pompe à chaleur
Simulateur de Réduction de Puissance Acoustique de PAC par un Caisson Anti-Bruit
Le simulateur calcule, à partir d'un enregistrement réel de bruit de PAC et d'un bruit de fond, ce que donnerait ce même bruit une fois passé au travers d'un caisson acoustique donné, puis le restitue à la fois sous forme de courbes et de sons audibles. De plus, il calcule la réduction du niveau global de puissance acoustique obtenue grâce au caisson et l'émergence du bruit de la PAC avec et sans caisson.
La grandeur de bruit utilisée est la Puissance acoustique, autrement dit, l’énergie sonore totale émise par la source de bruit, indépendamment de la directivité de la source, de l’environnement ou de la distance source-receveur.
La section 5. Méthode de calcul du simulateur présente les étapes du simulateur : de la sélection des audios au calcul des indicateurs.
Pour une écoute optimale, utilisez un ordinateur 💻 et un système audio 🎧 capable de reproduire correctement les basses fréquences.
Informations sur les Caissons Acoustiques de PAC et le Simulateur
1. Caisson acoustique 🔇
Un caisson (ou encoffrement) acoustique pour pompe à chaleur air/eau ou air/air (PAC) est un accessoire placé autour du module extérieur de la PAC et visant à réduire son bruit sans perturber son fonctionnement. Il est plus volumineux que la PAC car il l'entoure tout en ayant des parois épaisses, pèse entre 40 kg et plus de 300 kg et coûte entre 1500 € et plus de 10000 €.
Ces importants écarts de coût et de masse proviennent de la diversité d'usage ciblé par le caisson (niveau de réduction du bruit, taille de la PAC...), de la présence d'accessoires, de la qualité des finitions et de l'effort de développement pour minimiser le coût et la masse du caisson sans détériorer ses performances aérauliques (expertise aéro-acoustique, design industriel, simulations numériques, essais en laboratoire VS conception "au feeling"). Les caissons sur mesure sont logiquement plus chers que ceux produits en série.
De plus, de par les usages ciblés et les efforts mis en oeuvre lors de leur développement, des écarts importants de réduction du bruit existent entre les modèles de caissons acoustiques pour PAC. La réduction du bruit dépend toujours de la fréquence, elle est généralement plus importante en hautes fréquences (aigus) qu'en basses fréquences (graves). Voir 2. Courbe d'insonorisation des caissons pour plus d'informations sur les courbes d'insonorisation des caissons.
➡️ Le simulateur permet de comparer de manière quantifiée et réaliste l'efficacité acoustique des caissons, non pas en se basant sur des promesses marketing, mais uniquement sur des données issues d'essais en laboratoire.
Un cache esthétique de PAC ou de climatiseur est un accessoire en métal ou bois à vocation esthétique et de protection n'intégrant pas de matériaux acoustiques. Il pèse entre 5 kg et 25 kg et coûte entre 100 € et 500 €. Son impact sur le bruit est minime : réduction d'à peine quelques décibels en hautes fréquences et possible augmentation des basses fréquences pas effet de caisse de résonance.
Pour perturber le moins possible le fonctionnement de la PAC ou du climatiseur, un caisson acoustique ou un cache esthétique doit laisser facilement pénétrer l'air par la zone d'admission de l'appareil et évacuer l'air par la zone de refoulement. Les obstacles au flux d'air créent des pertes de charge aéraulique ce qui réduit le débit d'air de l'appareil. La PAC ou le climatiseur doit alors fonctionner sur une plus longue durée pour produire la même quantité de chaleur. De plus, si une recirculation du flux d'air (réadmission de l'air refoulé) est engendrée par le caisson ou le cache, l'appareil doit là aussi fonctionner plus longuement. En pratique, de fortes perturbations du flux d'air entrainent une augmentation de la consommation d'électricité (et la facture d'électricité) de la PAC ou du climatiseur de plusieurs dizaines de pourcents, réduisent sa durée de vie et peuvent provoquer la mise en sécurité de l'appareil.
Plusieurs entreprises proposent des caissons acoustiques (Altantic, Cache Clim, Daikin, Silence PAC, Solflex, Urban Shell...) basés sur les principes des encoffrements acoustiques classiques.
Un caisson anti-bruit est une enveloppe composée de parois pleines en matériau rigide (métal, plastique, bois) recouvertes côté intérieur d'un matériau acoustique absorbant le bruit, et d'ouvertures pour la circulation de l'air. La composition et la fonction de ces éléments sont les suivantes :
Les parois pleines bloquent la propagation du bruit au travers d'elles, autrement dit, elles confinent le bruit à l'intérieur du caisson. Prises individuellement, elles sont d'autant plus efficaces que leur masse surfacique est élevée et que la fréquence du bruit est élevée. La loi de masse (approximation correcte pour les fréquences d'intérêt) prévoit une augmentation de l'isolation (perte par transmission) de 6 dB pour chaque doublement de la fréquence et chaque doublement de la masse surfacique des parois. Les parois pleines doivent donc être lourdes pour remplir leur rôle. Cependant, le bruit s'échappe beaucoup plus facilement par les ouvertures du caisson que par les parois pleines. Ainsi, les parois doivent être lourdes, mais une densité surfacique très élevée n'améliore pas l'insonorisation du caisson dans sa globalité, mais augmente sa masse et son prix.
Le matériau acoustique recouvrant l'intérieur des parois pleines absorbe le bruit à l'intérieur du caisson. Ainsi, il évite l'effet "caisse de résonance" du caisson du aux résonances acoustiques de cavité du caisson. Sans cela, le caisson amplifie le bruit en basses fréquences. Ce matériau est généralement poreux et peut, par exemple, être une mousse ou un feutre acoustique résistant à une utilisation en extérieur. Le coefficient d'absorption du matériau dépend de la fréquence, de l'angle d'incidence de l'onde acoustique, et prend une valeur comprise entre 0 (réflexion complète, aucune absorption) et 1 (aucune réflexion, absorption complète). Pour les matériaux poreux acoustiques, le coefficient d'absorption est proche de 0 en basses fréquences, puis augmente avec la fréquence jusqu'à atteindre un maximum proche de 1. Plus le matériau poreux est épais et plus son coefficient d'absorption s'approche de sa valeur maximale à une fréquence basse. Le matériau absorbant doit donc être suffisamment épais pour atténuer les résonances de cavité du caisson, sans quoi l'insonorisation du caisson est faible autour de ces fréquences.
Les ouvertures, nécessaires à la circulation de l'air, prennent généralement la forme de persiennes acoustiques (aussi connues sous le nom de grilles acoustiques). Elles comportent plusieurs ventelles composées de parois rigides (métal, plastique) inclinées, recouvertes sur une face de matériau acoustique absorbant, et espacées de sorte à laisser des zones de libre passage de l'air. Elles permettent à l'air d'entrer et de sortir du caisson tout en limitant la transmission du bruit vers l'extérieur. Globalement, leur efficacité acoustique est d'autant plus importante que le rapport de la surface de libre passage d'air divisée par le volume du matériau matériau acoustique absorbant est faible. Autrement dit, que la surface de passage d'air est faible, que l'ouverture est longue dans le sens de propagation du flux d'air et du bruit, et que le matériau absorbant est épais. L'efficacité acoustique des ouvertures est donc inversement proportionnelle à leur capacité à laisser circuler l'air librement. La bonne conception de ces ouvertures est un critère déterminant à l'efficacité combinée acoustique et aéraulique d'un caisson.
Les ouvertures de type persiennes acoustiques utilisées dans les caissons acoustiques de PAC présentent le défaut d'être situées proche du ventilateur de la PAC. Ainsi, même si leur taux d'ouverture est élevé, elles perturbent le flux d'air, notamment côté refoulement car il doit contourner des obstacles. Le SCOP de la PAC est alors réduit de 5% à 10% même si la conception du caisson est de bonne facture (voir tableau "Impact sur l'efficacité et la puissance", page 6) .
➡️ Le caisson acoustique développé par SIL&ADD, Sil'PUMP, possède une ouverture côté refoulement de la PAC innovante et brevetée. Cette ouverture n'est pas constituée de persiennes acoustiques, mais d'un dispositif acoustique ayant un impact très faible sur le flux d'air. Le produit a été testé en centre d'essais acoustique. Il sera prochainement testé en centre d'essais aéraulique et in situ pour mesurer précisément son impact sur le SCOP des PAC.
Les pieds du caisson peuvent être rigides ou de anti-vibratoires (type silent-bloc). L'utilisation de pieds anti-vibratoires permet de réduire le risque que les vibrations transmises au sol par la PAC se propagent dans le caisson, le fassent vibrer et donc émettre du bruit. En pratique, si la PAC fait vibrer le support sur lequel elle est installée, la première chose à faire est de traiter cette transmission de vibrations et remplaçant le support anti-vibratile de la PAC elle même.
3. Bruit de la PAC 𖣘
Le bruit émis par une PAC provient principalement du ventilateur et du compresseur (+ pompe si présente), auquel s'ajoutent le bruit émis par les vibrations structurelles de l'appareil.
Le ventilateur a tendance à émettre un bruit concentré autour de son axe, composé de tonalités à basses et moyennes fréquences et d'un bruit large bande. La fréquence des tonalités sont proportionnelles à la vitesse de rotation du ventilateur et à son nombre de pâles. L'ajout d'obstacles à proximité immédiate du ventilateur augmente généralement son bruit.
Le compresseur émet un bruit de façon peu directive, assez homogène, à basses et moyennes fréquences. Les fréquences dominantes du bruit du compresseur dépendent de son régime de fonctionnement.
Les vibrations, notamment du compresseur, peuvent se propager au reste de l'appareil s'il ne comporte les éléments anti-vibratiles nécessaires. Ces vibrations peuvent ensuite engendrer du bruit, par exemple si elles atteignent les panneaux de l'appareil. Les vibrations de l'appareil peuvent aussi être transmises au logement, à nouveau s'il n'est pas correctement découplé de son support, et créer un bruit sourd dans celui-ci.
Les caissons acoustiques traitent les bruits aériens émis par la PAC. Ils ne réduisent généralement pas les vibrations transmises de la PAC au logement. Le seul cas où un caisson réduit les vibrations transmises de la PAC au logement est lorsqu'il comprend des supports anti-vibratiles à installer entre la PAC et la zone de fixation de celle-ci au bâti. Cependant, ces supports doivent être dimensionnés en fonction de la masse de la PAC. Il est donc préférable d'utiliser ceux directement fournis avec la PAC, à moins qu'ils soient défaillants.
Le bruit de la PAC, à la fois en termes de niveau sonore et de contenu fréquentiel, dépend de nombreux facteurs : modèle, régime de fonctionnement, usure, saleté présente notamment sur la grille de protection de l'évaporateur. Au sein d'une même gamme, plus la PAC possède une puissante thermique élevée et plus elle est bruyante. La réduction bruit apportée par un caisson dépend du croisement entre l'insonorisation du caisson et du bruit de la PAC, tous deux dépendant de la fréquence.
Par exemple, un caisson très efficace pour réduire les hautes fréquences installé sur une PAC émettant principalement des basses fréquences, n'aura qu'un impact marginal sur le bruit.
➡️ Le simulateur offre la possibilité de choisir parmi une liste de bruits de PAC. Le rendu sonore et les valeurs d'atténuation du bruit sont alors plus réalistes qu'en considérant une PAC hypothétique fictive. Contactez-nous si vous souhaitez voir apparaître d'autres bruits de PAC.
4. Bruit de fond 🍃
Le bruit de fond est le bruit ambiant lorsque la PAC ne fonctionne pas. Il existe indépendamment du bruit de la PAC et il est important de le considérer lors du choix d'un caisson acoustique de PAC pour deux raisons :
Le cumul du bruit de fond au bruit de la PAC influence notre perception du bruit de la PAC. Si le bruit de fond est beaucoup plus élevé que celui de la PAC, alors il masque notre perception de ce dernier. Généralement, il faut 15 à 20 dB(A) d’écart pour rendre inaudible la source la plus faible. Il y a aussi une notion d'acceptabilité du bruit de la PAC par rapport au bruit de fond. Le vécu peut être différent si la PAC masque le chant des oiseaux ou le bruit des voitures...
Que la PAC soit à usage domestique ou professionnelle, la réglementation évalue directement ou indirectement le bruit de la PAC par rapport au bruit ambiant.
- Si la PAC est à usage professionnel, l'émergence du bruit de la PAC doit être inférieur à des valeurs comprises entre 3 et 7 dB(A) suivant le lieu de la mesure (intérieur ou extérieur de l'habitation confrontée au bruit) et le jour ou la nuit (article R1336-6 du Code de la santé publique). Il est donc autorisé à ce que la PAC soit clairement audible. Elle est autorisée à générer plusieurs dB(A) de plus que le bruit de fond, alors qu'elle devrait générer au moins 15 dB(A) de moins que le bruit de fond pour être inaudible. Comparer l'émergence avec et sans caisson permet de juger si l'atténuation apportée suffit à ramener le bruit de la PAC sous un seuil de gêne acceptable, plutôt que de se limiter à un gain en dB(A) abstrait.
- Si la PAC est à usage domestique, il faut qu'elle ne porte pas atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme (article R1336-5 du Code de la santé publique). Le bruit de la PAC est alors considéré par rapport au bruit ambiant, sans nécessairement faire appel à des valeurs de bruit chiffrées.
➡️ Le simulateur offre la possibilité de choisir parmi une liste de bruits de fond. Le rendu sonore gagne en réalisme et rend possible le calcul de l'émergence. Le volume du bruit de fond peut être ajusté pour reproduire une situation existante.
Bruits de fond, crédit : Joseph SARDIN, https://BigSoundBank.com
6. Grandeurs acoustiques
Les grandeurs acoustiques employées dans le simulateur sont présentées.
Le décibel (dB) est une unité logarithmique utilisée pour exprimer le niveau d'une grandeur acoustique. Cette échelle permet de représenter les grandes variations de niveaux rencontrées en acoustique. Une différence de 10 dB correspond à un rapport de 10 entre les grandeurs énergétiques comparées.
Le dB(A) est l'unité du niveau sonore exprimé après application d'une pondération fréquentielle A, qui reproduit approximativement la sensibilité de l'oreille humaine aux différentes fréquences (norme IEC 61672-1). Les basses fréquences sont notamment moins pondérées que les fréquences moyennes auxquelles l'oreille est la plus sensible. Le dB(A) est donc particulièrement utilisé pour caractériser la gêne sonore ressentie par les personnes. Cependant, cette pondération peut masquer une partie importante du bruit d'une PAC : un bruit comportant beaucoup de basses fréquences peut présenter un niveau en dB(A) relativement faible alors que ces fréquences restent audibles et peuvent contribuer à la gêne.
La Puissance acoustique caractérise la quantité d'énergie acoustique émise par une source sonore par unité de temps. Il s'agit d'une caractéristique de la source qui ne dépend pas de la distance à laquelle elle est mesurée. Elle est exprimée en watts, mais plus généralement sous la forme d'un niveau de puissance acoustique, noté Lw, et exprimé en dB ou dB(A).
La Pression acoustique correspond aux variations de pression produites par une onde sonore dans l'air. Elle est exprimée en pascals (Pa) ou, plus couramment, sous la forme d'un niveau de pression acoustique, noté Lp, et exprimé en dB ou dB(A). Contrairement à la puissance acoustique, la pression acoustique dépend de la distance à la source, de la direction d'observation et de l'environnement acoustique : un même appareil engendre des niveaux de pression différents selon son emplacement (champ libre, près d'un mur, de deux murs...) et l'endroit où la mesure est réalisée (distance, présence d'obstacle).
Le Niveau Global de pression ou de puissance acoustique correspond à une valeur unique, intégrant toutes les fréquences, exprimée en dB ou dB(A). Il représente une mesure synthétique de l'énergie sonore, indépendamment de la répartition fréquentielle.
L'Insonorisation d'un caisson acoustique ou perte par insertion (Insertion Loss), notée Dw, est définie ici en termes de puissance acoustique. Elle correspond à la différence entre le niveau de puissance acoustique de la source sans caisson et celui mesuré avec le caisson. Une insonorisation positive signifie que le caisson réduit la puissance acoustique émise. L'insonorisation dépend fortement de la fréquence. Le simulateur considère les courbes d'insonorisation en fonction de la fréquence. L'insonorisation est exprimée en dB et non pas en dB(A) car il s'agit d'une caractéristique du caisson, indépendante de la sensibilité de l'oreille humaine.
L’Émergence caractérise l'augmentation du niveau sonore provoquée par l'apparition d'une source sonore dans un environnement donné. Elle correspond à la différence entre le niveau sonore du bruit de fond avec la source et le niveau sonore du bruit de fond seul, en tenant compte du caractère énergétique des niveaux sonores (pas d'addition directe des valeurs en dB).
Les grandeurs acoustiques sont présentées en bas de page, section 6.
5. Méthode de calcul du simulateur
Le simulateur recalcule, à partir d'un enregistrement réel de bruit de PAC et d'un bruit de fond, ce que donnerait ce même bruit une fois passé au travers d'un caisson acoustique donné, puis le restitue à la fois sous forme de courbes et de sons audibles.
La première étape consiste à décomposer le bruit de la PAC en spectre par bandes de 1/3 d'octave, de 50 Hz à 20 kHz. Chaque bande est isolée par un filtre passe-bande dont la largeur correspond exactement à un tiers d'octave (facteur de qualité Q ≈ 4,3), puis son niveau est calculé par la valeur efficace (RMS) du signal filtré. On obtient ainsi, bande par bande, une image fidèle de la répartition fréquentielle du bruit émis par la PAC, plutôt qu'un simple niveau global qui masquerait où se situe réellement la nuisance.
La deuxième étape applique l'insonorisation fréquentielle du caisson choisi : pour chaque bande de fréquence, la valeur de l'insonorisation du caisson à cette fréquence est soustraite au niveau sans caisson.
Les niveaux par bande sont ensuite pondérés A, pour refléter la sensibilité de l'oreille humaine. Les bandes pondérées sont recombinées de façon énergétique pour obtenir un niveau global en dB(A), selon la relation L = 10 log₁₀(Σ 10^(Lᵢ/10)). Cette même méthode permet de cumuler le bruit de la PAC et le bruit de fond choisi pour obtenir le niveau global. Les enregistrements audio utilisés n'étant pas calibrés en pression acoustique absolue, le simulateur recale l'ensemble des niveaux sur une échelle conventionnelle où la PAC seule est fixée à un niveau de puissance de 60 dB(A). Ce choix n'est qu'un repère de lecture et ne modifie en rien les écarts calculés (réduction, émergence), qui restent rigoureusement identiques quelle que soit la référence choisie.
Enfin, le simulateur calcule l'émergence.
En complément des courbes, le simulateur reconstruit également le son que produirait la PAC équipée de son caisson : son insonorisation par bandes de fréquences pilote une chaîne de filtres numériques appliqués à l'enregistrement d'origine, chaque filtre reproduisant l'atténuation propre à sa bande de fréquence. Le résultat est ensuite mélangé au bruit de fond choisi, à un volume relatif strictement identique dans les deux écoutes proposées (avec et sans caisson), pour que seule la différence entendue soit celle réellement apportée par le caisson.
2. Courbe d'insonorisation des caissons
Le simulateur répertorie uniquement des caissons dont les courbes d'insonorisation ont été obtenues à l'aide de mesures en centre d'essais selon un protocole normé, précis et reproductible.
Les mesures acoustiques répertoriées ont en commun :
L'utilisation d'une salle semi-anéchoïque qui est une pièce dont le bruit de fond est très faible et dont tous les murs à l'exception du sol sont recouverts d'une épaisse couche de matériau absorbant le bruit, ce qui permet de mesurer le bruit émis par un appareil sans être pollué par des réflexion des murs de la salle.
L'utilisation de matériel de mesure de précision : microphones ou sondes intensimétriques de laboratoire.
Le calcul de niveaux de puissances acoustiques, à partir de mesures de pression (ISO 3744) ou par intensimétrie (ISO 9614).
L'isolation du caisson définie en termes de réduction de puissance sonore Dw = Lw(source) - Lw(source équipée du caisson). Avec Lw le niveau de puissance acoustique.
Les mesures diffèrent par la source de bruit employée lors des mesures. Il peut s'agir d'une PAC en fonctionnement représentatif (méthode préférentielle de l'ISO 11546) ou d'une source sonore artificielle telle qu'une enceinte omnidirectionnelle ou un ventilateur (méthode aussi autorisée par l'ISO 11546, Annexe A). La PAC en fonctionnement représentatif de son usage permet d'obtenir les valeurs d'insonorisation les plus fidèles à la réalité, notamment car l'insonorisation du caisson mesurée prend en compte le bruit généré par l'interaction du flux d'air de la PAC avec le caisson. Cependant, elle est plus complexe à mettre en oeuvre que la source sonore artificielle.
Par ailleurs, la mesure de l'insonorisation en centre d'essais n'est pas toujours possible en basses ou en hautes fréquences car elle peut demander des moyens ou un environnement de mesure non disponibles.
Lorsque les données sont absentes entre 50 et 100 Hz, une valeur de 0 dB, est considérée aux fréquences manquantes. En pratique, en dessous de 100 Hz, l'insonorisation des caissons est très proche de 0 dB et le niveau sonore de la PAC en dB(A) est plus faible que sur le reste du spectre. Ainsi, cette hypothèse d'une insonorisation nulle en dessous de 100 Hz n'a qu'un impact marginal sur les niveaux sonores et le réalisme du son que produirait la PAC équipée de son caisson.
Lorsque les données sont absentes en hautes fréquences, la valeur mesurée à la fréquence la plus élevée est utilisée aux fréquences manquantes. En pratique, au dessus de 10 000 Hz, l'insonorisation des caissons varie peu car elle est gouvernée par le coefficient d'absorption des matériaux poreux qui est stable en hautes fréquences, et le niveau sonore de la PAC en dB(A) est plus faible que le reste du spectre. Ainsi, cette hypothèse d'une insonorisation constante au dessus de la plus haute fréquence mesurée n'a qu'un impact marginal sur les niveaux sonores et le réalisme du son que produirait la PAC équipée de son caisson.
Enfin, lorsque les données d'insonorisation sont présentées en bande d'octave, dans le simulateur, la valeur de l'octave est appliquée aux trois bandes de tiers d'octave correspondantes.
Les sources des données exploitées par le simulateur et les informations de mesure sont répertoriées dans le Tableau 3. Si vous détectez une erreur, qu'une information n'est plus à jour, ou que vous souhaitez voir apparaître un autre caisson, contactez-nous.
